Et si ce point de côté qui vous scie en deux à chaque sortie n’avait strictement rien à voir avec votre cardio ? C’est la question que je me suis posée en observant ma sœur revenir pliée en deux, une main sur les côtes, après son jogging du dimanche. Elle qui court depuis des mois, qui a même pris des cours pour améliorer son souffle, continuait à s’arrêter au même endroit du parcours, avec la même grimace. Jusqu’au jour où une kiné, croisée par hasard, l’a regardée courir quelques minutes et a posé un diagnostic qui n’avait rien à voir avec l’endurance.
- Le point de côté provient souvent d'une posture voûtée qui comprime le diaphragme, et non d'un manque de souffle.
- Redresser le buste, épaules basses et regard loin devant, redonne de l'amplitude à la cage thoracique et soulage le diaphragme.
- Synchroniser respiration et foulées, éviter de courir après un repas copieux et s'échauuffer permettent de prévenir durablement cette douleur.
Le point de côté n’a jamais été une histoire d’essoufflement
On associe presque toujours le point de côté à un manque de forme physique. Ma sœur en était persuadée : elle pensait manquer de VO2 max, ou que ses poumons n’étaient pas assez entraînés. Résultat, elle forçait encore plus sur son souffle, respirait de manière saccadée, et empirait la situation sans le savoir. La kiné qui l’a observée courir a immédiatement repéré autre chose : son dos était voûté, ses épaules rentrées vers l’avant, et son buste légèrement affaissé à chaque foulée. Un détail que personne n’avait relevé jusque là, car on regarde souvent les jambes ou la foulée, jamais la posture du haut du corps.
Ce qui semblait n’être qu’une mauvaise habitude posturale était en réalité la cause exacte de sa douleur. En courant voûtée, ma sœur comprimait mécaniquement son diaphragme à chaque respiration. Ce muscle, essentiel à la respiration, a besoin d’espace pour se contracter librement. Quand la cage thoracique se referme sur lui, il travaille de manière asymétrique et finit par déclencher des spasmes musculaires latéraux, exactement là où l’on ressent classiquement le point de côté. Rien à voir avec un manque de souffle, donc, mais tout à voir avec une posture qui étouffe littéralement le muscle respiratoire.
Redresser son buste : le geste simple qui libère le diaphragme
La bonne nouvelle, c’est que la correction est d’une simplicité déconcertante. Il suffit de redresser le buste pendant la course, en imaginant un fil invisible qui tire le sommet du crâne vers le ciel. Les épaules doivent rester basses et légèrement ouvertes, loin des oreilles, et le regard doit porter loin devant, pas vers le sol. Ce simple ajustement postural donne immédiatement plus d’amplitude à la cage thoracique, et donc plus de liberté au diaphragme pour se contracter sans contrainte.
Concrètement, voici ce qui change quand on adopte cette posture :
- La respiration devient plus ample et moins saccadée
- Le diaphragme n’est plus comprimé à chaque inspiration
- Les tensions latérales, souvent responsables du point de côté, disparaissent progressivement
- La foulée gagne en fluidité, car le corps est mieux aligné
Pour ma sœur, le changement a été presque immédiat. Dès la première sortie où elle a pensé à garder le buste droit, la douleur familière n’est pas apparue. Ce n’était pas magique, c’était simplement mécanique : en libérant l’espace autour du diaphragme, elle lui a permis de fonctionner normalement.
Les astuces de kiné pour ne plus jamais revivre cette douleur au flanc
Au delà de la posture, quelques réflexes simples permettent d’éviter durablement ce type de gêne, surtout en cette période de rentrée sportive où beaucoup reprennent la course après une pause estivale. D’abord, pensez à synchroniser votre respiration avec vos foulées : inspirez sur deux appuis, expirez sur deux appuis, sans forcer. Cette régularité évite les à-coups respiratoires qui fatiguent le diaphragme inutilement.
Ensuite, évitez de courir juste après un repas copieux. Un estomac plein appuie sur le diaphragme et augmente le risque de spasme, même avec une bonne posture. Il est préférable de laisser passer une à deux heures avant de chausser ses baskets. Enfin, un échauffement dynamique de quelques minutes, incluant des mouvements de rotation du buste et d’ouverture de la cage thoracique, prépare le corps à adopter la bonne posture dès les premières foulées, plutôt que de se rendre compte du problème au bout de vingt minutes de course.
Si malgré tout la douleur survient en pleine course, un geste simple peut la soulager rapidement : levez le bras du côté de la douleur au-dessus de la tête tout en expirant profondément et lentement. Cet étirement ouvre la cage thoracique de ce côté et détend le diaphragme presque instantanément.
L’histoire de ma sœur illustre bien à quel point le corps envoie parfois des signaux que l’on interprète mal. Ce qu’elle prenait pour un manque de souffle n’était qu’une question de posture, corrigée en quelques secondes une fois le bon geste identifié. Alors la prochaine fois qu’un point de côté vous arrête en pleine course, avant d’accuser votre cardio, jetez un œil à votre buste : il a peut-être plus à vous dire que vos poumons.

