Une plateforme, c’est cette épaisse semelle qui surélève tout le pied, du talon jusqu’aux orteils, contrairement à l’escarpin classique qui ne joue que sur la hauteur du talon. Et justement, en poussant la porte de la boutique de chaussures du quartier, difficile de rater le détail : la vendeuse s’active en vitrine, retire les mocassins plats du printemps dernier et installe méthodiquement des escarpins à semelle épaisse, du genre qu’on croyait bons pour le vide-grenier ou le musée de la mode. Sauf que non. Ce n’est pas un excès de nostalgie ni une envie soudaine de ressortir les fripes de sa grand-mère. Il y a une explication bien plus concrète, qui vient tout droit des podiums, et elle mérite qu’on s’y attarde avant de foncer acheter les premières bottines venues.
- Les podiums printemps-été 2027 confirment le retour de la plateforme, avec des semelles de 5 à 8 centimètres présentes dans plusieurs collections.
- Cette tendance s'accompagne d'un style rétro-chic seventies : pantalons évasés, velours côtelé, daim, couleurs chaudes et imprimés géométriques ou psychédéliques.
- Pour l'adopter sans faux pas, mieux vaut commencer par une hauteur modérée, choisir une plateforme fine à l'avant du pied et miser sur une tenue sobre plutôt que sur des accessoires imposants.
Les podiums printemps-été 2027 ont tranché : la plateforme s’impose
Les défilés consacrés à la saison printemps-été 2027 ont donné le ton, et le message est limpide : la plateforme est de retour, avec des semelles oscillant entre 5 et 8 centimètres. Plusieurs maisons ont présenté des modèles construits autour de cette base épaisse, loin de l’apparition timide et isolée qu’on avait pu observer ces dernières années. Ce qui change cette fois, c’est la cohérence : la tendance ne se limite pas à une paire isolée glissée dans un défilé pour créer l’effet de surprise, elle infuse plusieurs collections en parallèle. Ce alignement des créateurs autour d’un même parti pris donne du poids à la relance, et explique pourquoi les vendeuses en boutique s’y préparent dès maintenant, plusieurs mois avant l’arrivée officielle des beaux jours.
L’esprit seventies s’invite dans nos armoires sans complexe
Impossible de parler de plateformes sans évoquer leur décennie de prédilection : les années 70. Les stylistes ne s’y trompent pas et accompagnent ce retour de silhouettes clairement rétro-chic. On retrouve des pantalons évasés qui viennent effleurer le sol juste au-dessus de la chaussure, des matières comme le velours côtelé ou le daim, et une palette de couleurs chaudes, du marron chocolat à l’orange brûlé en passant par le kaki. Les imprimés géométriques ou à motifs psychédéliques refont aussi surface, histoire de compléter le tableau. L’idée n’est pas de reproduire un total look seventies au pied de la lettre, mais de piocher quelques éléments forts pour donner du sens à la paire de chaussures, plutôt que de la porter isolée au milieu d’une tenue trop contemporaine.
Ma vendeuse ne s’est pas trompée : comment adopter la tendance sans faux pas
Reste la question pratique : comment intégrer ces escarpins à plateforme sans avoir l’impression de se déguiser ou de perdre l’équilibre au premier pas ? Quelques repères simples permettent d’éviter les erreurs les plus fréquentes.
- Commencer avec une hauteur modérée, autour de 5 centimètres, pour s’habituer à la démarche avant de tenter les modèles plus imposants.
- Privilégier une plateforme fine à l’avant du pied plutôt qu’une base massive, plus confortable pour la marche au quotidien.
- Associer la chaussure à une pièce sobre du haut, pour laisser la silhouette rétro s’exprimer sans surcharge.
- Éviter de cumuler plateforme et pantalon trop ajusté, qui casse l’équilibre visuel recherché avec ce type de semelle.
L’essentiel tient dans le dosage : la plateforme se suffit souvent à elle-même comme pièce forte du look, inutile d’en rajouter avec des bijoux ou accessoires trop imposants. Un sac structuré, quelques bijoux fins et le tour est joué.
Cette réapparition en vitrine n’a donc rien d’un hasard : elle traduit un mouvement de fond confirmé par les podiums et porté par une nostalgie seventies assumée. Reste à savoir comment chacune s’appropriera cette silhouette audacieuse, entre prudence et envie de tout casser dès les premiers rayons de soleil.

